7 ans de prison pour Naps : une « fille ordinaire » obtient justice

Jeudi 19 février, la cour criminelle départementale de Paris a reconnu le rappeur Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, coupable de viol. Il a écopé d’une peine de sept ans d’emprisonnement, assortie d’un mandat de dépôt, entraînant son incarcération immédiate.

7 ans de prison pour Naps : une « fille ordinaire » obtient justice

17e chambre du tribunal judiciaire de Paris AXEL PICHON

Au dernier jour d’audience, le visage du rappeur s’est fermé. Apparaissant détendu, voire détaché pendant la quasi-totalité du procès, Naps a semblé prendre conscience de la gravité des faits qui lui étaient reprochés à l’instant du prononcé de la décision. Au siège, la présidente de la cour, Danièle Dionisi, a clos quatre jours de débats en prononçant la condamnation de Nabil Boukhobza pour viol.

Dans la motivation de sa décision, la cour a mis en avant la « matérialité de la pénétration » ainsi que l’état de « stress post-traumatique » de la victime, s’appuyant notamment sur les expertises et les témoignages entendus tout au long du procès. La cour a suivi les réquisitions de l’avocate générale Sarah Cadeillan, qui avait demandé sept ans d’emprisonnement contre le rappeur, et a assorti cette peine d’un mandat de dépôt, évoquant un « risque de fuite à l’étranger ». Une décision accueillie comme un coup de massue par les trois avocats de la défense, qui avaient plaidé l’acquittement et soutenu la thèse d’une relation sexuelle consentie avec la victime. Les avocats de Nabil Boukhobza ont annoncé leur intention de faire appel.

Une « fille ordinaire »

Fixant un point précis de la salle d’audience tout au long des débats, c’est une « fille ordinaire », selon les mots de son avocat, à qui la justice a finalement donné raison, face à une figure du rap français aux millions d’écoutes. Restée silencieuse pendant presque toute la durée du procès, la victime, aujourd’hui âgée de 24 ans, vêtue de noir et les cheveux attachés, a comparu seule tout au long de cette audience très médiatisée et éprouvante, sans proches à ses côtés dans la salle. Après l’annonce de la condamnation, la jeune femme, âgée de 20 ans au moment des faits, a fondu en larmes aux côtés de son conseil, Jean-Baptiste Boué-Diacquenod.

Lors de son réquisitoire, l’avocate générale a salué le courage et la ténacité de la jeune femme tout au long de ces longues années de procédure. Sarah Cadeillan a mis en lumière l’impact du viol sur la vie de la partie civile, rappelant qu’elle avait été « privée de ses plus belles années » et avait perdu la « capacité de rire, d’aimer ». « Le viol, ça contamine tout », a-t-elle souligné.

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