Ce lundi 16 mars, l’ex-président de la République et dix autres prévenus comparaissaient à nouveau dans le cadre de l’affaire du financement présumé libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Bras croisés et jambes étendues dans la salle d’audience, Nicolas Sarkozy prend son mal en patience. L’ex-président de la République se prépare à affronter près de trois mois de procès en correctionnelle, sans doute le procès le plus important de sa vie politique. Avec ses avocats, notamment Jean-Michel Darrois et Christophe Ingrain, l’ancien président, âgé de 71 ans, est engagé dans un long combat judiciaire pour éviter un nouveau séjour carcéral.
Le 25 septembre 2025, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’un mandat de dépôt différé mais avec exécution provisoire, pour « association de malfaiteurs » uniquement, le tribunal n’ayant pas pu établir avec précision que des fonds libyens avaient effectivement servi à financer la campagne présidentielle de l’ancien candidat. En appel, la défense de l’ex-président de la République entend démontrer que Nicolas Sarkozy n’a pas bénéficié d’argent de Mouammar Kadhafi pour sa candidature, et ainsi lui éviter une nouvelle condamnation. L’ancien chef de l’État encourt jusqu’à dix ans de prison. La décision de la cour d’appel est attendue fin novembre.
Claude Guéant absent du premier jour d’audience
Lors du premier jour du procès, Claude Guéant, plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy et condamné en première instance à six ans de prison ferme sans mandat de dépôt, n’était pas présent parmi les prévenus.
Selon son avocat, Philippe Bouchez El Ghozi, la santé de Claude Guéant, aujourd’hui âgé de 81 ans, « s’est profondément détériorée ces derniers jours » et son « état général fragile et dégradé ne lui permet pas d’être physiquement présent », a expliqué son conseil. Olivier Géron, président de la Cour, a ordonné une expertise médicale du prévenu afin de déterminer s’il est, ou non, apte à comparaître.
Claude Guéant est accusé d’avoir conclu un « pacte de corruption » avec Mouammar Kadhafi, notamment lors d’une rencontre avec le beau-frère du dictateur, Abdallah Senoussi, personnage central du dossier. Ce dernier a été condamné en 1999, par contumace, à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre le DC-10 d’UTA, qui a fait 170 morts en 1989.




