Au deuxième jour de son interrogatoire devant la Cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy a maintenu sa stratégie de défense, en opposant un démenti systématique à l’ensemble des éléments à charge, tout en mettant clairement en cause une machination orchestrée par le clan libyen.
« Je ne pense pas avoir tenu des propos incohérents. Ça ne veut pas dire qu’il faut me croire, mais enfin, être cohérent, c’est déjà un premier pas vers la crédibilité », s’est employé à convaincre Nicolas Sarkozy à la barre, au terme d’une deuxième journée d’interrogatoire particulièrement éprouvante pour l’ancien président.
Face à la cour, l’ex-chef d’État a été interrogé sur de nombreux éléments centraux du dossier libyen, notamment l’emblématique « note Moussa Koussa », qui a été balayée d’un revers de la main par Nicolas Sarkozy.
« Rien n’a servi à me financer »
En ouverture du deuxième jour d’interrogatoire, le président de la cour, Olivier Géron, a d’emblée interpellé l’ancien président sur la « note Moussa Koussa », document au cœur de la notion d’association de malfaiteurs retenue contre lui en appel. Interrogé sur cette note révélée par Mediapart en 2012, qui fait état d’un « accord de principe » pour « appuyer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy » à hauteur de 50 millions d’euros, le principal intéressé a démenti, comme en première instance, l’authenticité de ce document.
« Tous ceux sans exception qui se sont penchés sur cette note en ont tiré la conclusion que c’était un faux », a lancé Nicolas Sarkozy avec une assurance déconcertante à l’évocation de ce document, sans toutefois parvenir à l’écarter définitivement des débats du second procès du dossier libyen, pas plus que les carnets tenus quotidiennement par l’ancien ministre du pétrole libyen, Choukri Ghanem. Interrogé sur cet autre élément central du dossier, Nicolas Sarkozy s’est bien gardé de contester à nouveau l’authenticité du document, préférant s’attaquer au contenu de ce calepin, dans lequel il est écrit que des hauts dignitaires du régime de Kadhafi ont envoyé plusieurs millions d’euros à l’ancien président français. Un document compromettant pour l’ex-chef d’État, qui devrait, comme la « note Moussa Koussa », revenir prochainement au cœur des débats à l’audience.
Tout au long de cette journée, Nicolas Sarkozy a maintenu ses accusations envers Ziad Takieddine, décédé en 2025, qu’il assure être le personnage clef d’une véritable machination qui aurait été mise en place contre lui au moment des faits. « Aujourd’hui je sais que l’argent libyen a servi à financer le train de vie de Ziad Takieddine, rien n’a servi à me financer », a-t-il maintenu tout au long de son interrogatoire. L’ancien président a également multiplié les attaques ad personam à l’encontre de l’ancien intermédiaire franco-libanais, le décrivant comme un homme « profondément déstabilisé, pris d’une espèce de folie ». « Est-il sain d’esprit ? », s’est même interrogé l’ancien président à voix haute, mettant en doute la santé mentale de celui qui affirme avoir remis des fonds libyens directement dans l’appartement de l’ancien président.




