Ce lundi 22 juin, l’ancien Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a été condamné pour avoir diffamé le magistrat Edouard Levrault dans son livre « J’ai dit oui ».
C’est le dernier acte, pour l’heure, d’une guerre judiciaire que se livrent les deux hommes depuis 2020. Ce lundi, l’ancien ministre de la Justice a été condamné pour diffamation pour avoir, dans son livre intitulé « J’ai dit oui », affirmé que le juge Edouard Levrault avait violé le secret de l’instruction lorsqu’il était juge à Monaco. En répression, l’ancien Garde des Sceaux a été condamné à une amende de 500 euros avec sursis.
Également poursuivi pour des propos similaires formulés à l’écrit à l’encontre d’Edouard Levrault dans un autre de ses ouvrages intitulé « Juré, craché », le tribunal a relaxé Éric Dupond-Moretti. Il était absent au moment du délibéré, représenté par son avocate, Me Jacqueline Laffont.
« J’ai dit oui »
C’est en 2020 que tout a commencé. Le magistrat Edouard Levrault avait participé à une émission de France 3 concernant plusieurs affaires de corruption à Monaco et avait mis en cause un commissaire de police, client d’Éric Dupond-Moretti. L’avocat avait alors porté plainte contre le juge pour violation du secret de l’instruction. Le juge Levrault a finalement été blanchi par le Conseil supérieur de la magistrature en septembre 2022, qui avait estimé qu’il s’était exprimé « de façon non outrancière, sans divulguer d’information secrète, sur un sujet d’intérêt général ».
Le 18 février 2025, dans son one-man-show « J’ai dit oui » au Théâtre Marigny à Paris, Éric Dupond-Moretti aurait relancé, malgré la décision du CSM, son offensive contre le juge Levrault. Sur les planches, l’ancien avocat aurait à nouveau mis en cause le magistrat. « Il va, monsieur Levrault, violer allègrement le secret d’une instruction dont il avait la charge en mettant en cause l’honneur du commissaire de police », aurait-il déclaré sur scène. Une accusation reformulée quelques mois plus tard dans son ouvrage intitulé « Juré, craché », publié en septembre 2025. Éric Dupond-Moretti a été relaxé pour ses propos tenus dans son spectacle et dans cet ouvrage. « J’ai été présenté comme un magistrat qui a commis des manquements à la déontologie mais ayant bénéficié d’une mansuétude de l’instance disciplinaire. Je l’ai vu dans le regard de mes collègues … » avait témoigné Edouard Levrault à l’audience, évoquant sa réputation professionnelle entachée par un ancien Garde des Sceaux. Éric Dupond-Moretti dispose de 10 jours pour faire appel.




