L’ex-député LREM Jean-Jacques Bridey condamné pour détournement de fonds publics

Ce jeudi 4 juin, l’ancien député LREM Jean-Jacques Bridey a été condamné à deux ans de prison avec sursis simple, 75 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics et concussion par le tribunal correctionnel de Paris.

L’ex-député LREM Jean-Jacques Bridey condamné pour détournement de fonds publics

Jean-Jacques Bridey sortant de la salle d’audience, le 4 juin 2026. AXEL PICHON POUR « PENAL »

C’est une fin de carrière qui confine au tragique que connaît Jean-Jacques Bridey. Âgé de 73 ans, l’ex-député du Val-de-Marne de 2012 à 2022 et maire de Fresnes de 2001 à 2017 a été condamné par la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris pour un ensemble de faits relatifs à l’usage des indemnités de ses différents mandats. L’un des tout premiers soutiens d’Emmanuel Macron a été reconnu coupable de détournement de fonds publics pour avoir dépensé, à des fins personnelles, entre 2013 et 2019, un total de 145 749 euros directement issus de l’IRFM, censés couvrir les dépenses liées à son mandat de député. Jean-Jacques Bridey a également été reconnu coupable de concussion, perception illégale de sommes non dues par un agent public, pour avoir, entre 2014 et 2016, perçu des indemnités issues de ses divers mandats dépassant de 84 251 euros le plafond prévu par la loi.

L’enquête, dirigée par le Parquet national financier, a mis en lumière les nombreuses dépenses personnelles d’argent public de l’ancien maire de Fresnes : des séances de spa, des achats de vêtements féminins, des bouteilles d’alcool, ou encore le règlement de contraventions routières, le tout payé via l’IRFM. Bridey a notamment été condamné pour avoir réglé, avec de l’argent public, un repas à plus de 1 000 euros, en compagnie d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie. Au-delà des dépenses strictement personnelles, il a été établi qu’entre 2013 et 2018, l’élu a versé 69 064 euros de cotisations à des partis politiques, principalement au Parti socialiste, à partir de ses indemnités parlementaires. Au total, le tribunal a chiffré l’ensemble des préjudices à 230 000 euros.

« Des détournements de fonds publics répétés »

Défendu par l’avocate Françoise Davideau, qui a plaidé la bonne foi de son client et tenté diverses manœuvres juridiques pour le tirer d’affaire, les explications de l’homme politique n’ont pas convaincu le tribunal, qui a ce jeudi été limpide dans son jugement. En rendant son verdict, le président du tribunal a mis en avant des « détournements de fonds publics répétés » commis par un homme disposant de mandats « depuis plus de vingt ans », qui ne pouvait donc prétendre ignorer l’usage attendu de ses indemnités d’élu. Pendant près de trente minutes, il a motivé sa décision, face à Jean-Jacques Bridey, vêtu d’un costume bleu marine, qui, appelé debout à la barre, a écouté son jugement sans la moindre réaction.

Condamné à deux ans de prison avec sursis simple, 75 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité assortis de l’exécution provisoire, Jean-Jacques Bridey va être démis d’office de son mandat de conseiller municipal d’opposition de Fresnes, un mandat qu’il venait tout juste d’obtenir. Le président du tribunal a justifié l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité par un « risque avéré de récidive ».

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