Assassinat de Samuel Paty : 16 à 20 ans de réclusion criminelle requis en appel

Le parquet a requis des peines allant de 16 à 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre des quatre accusés, jugés en appel pour leur implication dans l’assassinat de Samuel Paty.

Assassinat de Samuel Paty : 16 à 20 ans de réclusion criminelle requis en appel

Cérémonie d’hommage à Samuel Paty, le 21 octobre 2020, devant l’Hôtel de Ville de Belfort. THOMAS BRESSON

Après un mois d’audience, le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty touche à sa fin. Quatre hommes comparaissent depuis le 26 janvier devant la cour d’assises spéciales de Paris, pour avoir contribué au crime commis le 16 octobre 2020 par l’islamiste Abdoullakh Anzorov, abattu par la police peu après les faits.

Les accusés sont poursuivis pour avoir participé à une campagne de haine en ligne visant le professeur ou pour avoir aidé le tueur à se procurer une arme.

« Jamais un dossier de terrorisme n’aura revêtu autant d’enjeux sociétaux »

Âgés de 54 et 66 ans, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui sont poursuivis pour avoir lancé, quelques jours avant l’attentat, une campagne de haine en ligne contre Samuel Paty. Le professeur avait présenté à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, séquence à l’origine de la « fatwa numérique » déclenchée par les deux islamistes.

Lors des réquisitions, l’une des deux avocates générales a directement mis en cause la responsabilité de Brahim Chnina et d’Abdelhakim Sefrioui dans l’assassinat de Samuel Paty : « On ne reproche pas à Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui des actes préparatoires à l’attentat commis par Abdoullakh Anzorov. Ce qu’on leur reproche, ce sont des actes préparatoires à tous les Anzorov potentiels », a déclaré la magistrate. Le parquet général a également souligné que « jamais un dossier de terrorisme n’aura revêtu autant d’enjeux sociétaux », appelant la cour à protéger l’institution scolaire, profondément ébranlée par cet assassinat.

Le ministère public a requis à l’encontre de Brahim Chnina et d’Abdelhakim Sefrioui 20 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. En première instance, les deux hommes avaient été condamnés à 13 et 15 ans de réclusion criminelle.

Proches d’Abdoullakh Anzorov, avec qui ils ont grandi dans le quartier de la Madeleine à Évreux, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, sont accusés d’avoir accompagné l’islamiste dans sa recherche d’arme avant le meurtre et d’avoir eu « conscience du projet terroriste de leur ami », selon l’avocate générale. Le parquet a requis à leur encontre 16 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. Lors du premier procès, en 2024, ils avaient tous deux été condamnés à 16 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu le lundi 2 mars.

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